CHAIGNON Morgane

CHAIGNON Morgane

 

 

Membre non permanent

Contact : morgane.chaignon@etudiant.uhb.fr

Sujet de thèse : La cosmographie d’une part, que l’on peut définir comme la « science de la description de l’univers », et l’astrologie d’autre part, constituaient des disciplines bien distinctes dans l’Antiquité : la première visait à comprendre la structure et l’organisation de l’univers, la seconde à expliquer la position des astres et leurs influences sur les destinées humaines. Originaires de la Grèce antique, elles ont connu un grand succès auprès de l’élite romaine et à la cour impériale. De grands historiens du XXe siècle comme Jean Gagé, Hans Peter L’Orange ou Pierre Boyancé, se sont beaucoup intéressés à la cosmologie/astrologie, pour étudier son rôle dans l’idéologie impériale et dans la construction du charisme du prince. Leurs travaux sont désormais anciens, surtout basés sur des sources littéraires, et les problématiques historiques ont considérablement évolué avec la remise en cause pour le monde antique des notions de « propagande » et d’« idéologie ». Peu de recherches, par ailleurs, se sont centrées sur la cosmographie en elle-même. Le sujet proposé a pour originalité de porter sur celle-ci : il s’agit de se demander comment l’empereur, son entourage ou les élites de l’Empire, ont exprimé le pouvoir impérial par rapport à la description de l’univers, et quelles places on a attribuées à la figure du prince et à l’Empire romain au sein de l’organisation cosmique. La période considérée est le Haut-Empire où s’est progressivement construite la figure du prince. On assiste au cours de cette période au développement dans le discours sur le pouvoir impérial du parallélisme entre le monde des dieux et le monde des hommes. Il paraît logique de considérer comme un aboutissement de la recherche la date de la Constitution antonine de Caracalla en 212. Celle-ci offrait en effet à tous les habitants libres de l’Empire la citoyenneté romaine : or, le texte de la Constitution présente cette décision politique capitale comme un acte de piété et pose la question du statut de l’empereur, de sa position vis-à-vis des dieux et des hommes et de ses relations avec ceux-ci. C’est également cette période qui fournit le plus de sources sur la cosmographie romaine et sur son usage pour légitimer et définir le pouvoir politique. Afin de proposer un traitement complet du sujet, cette thèse devra s’appuyer sur plusieurs types de sources : littéraires (traités scientifiques, ouvrages encyclopédiques et rhétoriques), iconographiques (statuaire, boucliers, cuirasses, mosaïques), monétaires et glyptiques (Gemma Augustea, Grand Camée de France), archéologiques (Panthéon, salle à manger cosmique de Néron, arc de l’apothéose de Titus, Septizonium). Cette enquête nécessite une approche pluridisciplinaire : elle devra en effet prendre en compte la présence de l’architecture cosmique à Rome, les réflexions scientifiques antiques sur les rapports des empereurs aux astres, ainsi que les discours de philosophie politique (depuis le traité Sur la clémence de Sénèque, décrivant l’empereur comme âme de l’Empire conçu comme un corps – tout comme le dieu suprême est la raison, logos, du cosmos – à la littérature influencée par le néopythagorisme dans laquelle, au début du IIIe siècle, l’empereur idéal apparaît comme un Apollon solaire et musicien, garant de l’harmonie universelle). Il faudra aussi étudier la dimension religieuse de la cosmographie, présente dans des rites et croyances comme l’apothéose et la catastérisation (action de placer dans les astres) de l’empereur défunt, ou dans des fêtes civiques comme les jeux séculaires.

Direction : GANGLOFF Anne, LE BALY Frédéric

Statut de la thèse : en cours

Mots clefs : histoire ancienne, monde romain, culture politique, empereurs, cosmographie

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